Lorgues

Casimir DAUPHIN
( 1820-1888 )

 Extrait de : MEMOIRE DU PAYS : les " Trobaïres " par Claude Barsotti
Article paru dans "La Marseillaise"

 LE TROBAIRE CASIMIR DAUPHIN

Certains hommes qui ont participé à la renaissance littéraire occitane du XIX° siècle et ont tenté de défendre leur langue et leur culture, ne sont pas demeurés au pays. Nous avons vu que ce fut le cas de Serafin Crémazy, de La Ciotat (B-du-R), qui fit la plus grande partie de sa carrière à l'île de la Réunion où il mourut et où il écrivit d'ailleurs une bonne part de son oeuvre.

C'est aussi ce qui s'est passé avec Casimir Dauphin. Celui-ci, fils de Loís et d'Anna Paulina Mossy, est né à Lorgues, dans le Var, près de Draguignan, le 4 décembre 1820. Il fit une carrière dans l'enseignement, et c'est ce qui l'amena en Égypte où il devint directeur des Écoles du Gouvernement, à Alexandrie, ce qui correspond à ministre de l'Éducation Nationale. Il devait décéder dans cette ville le 18 novembre 1888.

Je ne possède, en dehors de ceux précédemment cités, que peu de renseignements biographiques sur Casimir Dauphin. Je compte donc sur votre collaboration éventuelle. J'oubliai : sa femme se nommait Camila Petit ...

Très jeune il commença à écrire en occitan, et ses premières publications datent des années 1850. Elles se caractérisent par la soumission à la mode romantique de l'époque. Mais surtout, de même que Gelu, Casimir Dauphin est effrayé par le capitalisme montant et son résultat qui est le machinisme croissant. Il s'incline certes, car il sent qu'il ne peut faire autrement, mais cela ne l'empêche pas de protester et de dire son amour de la nature. En ce sens, il est très proche des écologistes actuels, c'est-à-dire de tous ceux qui se rendent compte du désastre que nous sommes en train de vivre et qui, si une réaction n'intervient pas rapidement, mènera à l'extinction de nombreuses espèce végétales et animales, mais aussi de l'homme.

Ses descriptions de la nature sont très riches et elles sont soutenues par un sentiment et une émotion sincère. Et lorsqu'il est loin de son village natal, il évoque par exemple dans le poème " Lei pins " (" Les pins "), ces arbres d'une manière très émouvante. On sent la communion intime qu'il a avec la nature.

Ami d'Alexandre Gueidon, qui publiant L'Almanach de Provence, il a été comme lui un grand marcheur et il a parcouru la Provence à pied en tous sens. Ce qui explique la justesse des descriptions que nous trouvons dans ses poèmes.

Cependant, une fois parti en Égypte, vers 1870, Casimir Dauphin a cessé d'écrire en occitan. Auparavant, il avait collaboré à un journal toulonnais, Le Moucheron. En 1878, il a rassemblé ses divers poèmes dans un recueil, " Lei bastidanas " (" Les habitantes des bastides "). La langue de Casimir Dauphin est de bonne tenue. Mais, il n'a pas d'illusion sur l'avenir de l'occitan : au fonds, il est pessimiste tant en ce qui concerne l'avenir de l'homme que de la langue et de la culture du pays. Ce qui constitue pour lui une raison de plus pour l'illustrer.

Dans son oeuvre ne manquent pas les morceaux qui mériteraient une réédition. Par ailleurs, ses textes ont une tenue et une rigueur très supérieure à celle de beaucoup de trobaires. Cela viendrait-il de son origine familiale ? Ça reste à déterminer.

 

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